Les Pays-Bas viennent d’interdire massivement (au 1er juillet 2025) des groupes entiers de nouveaux produits de synthèse (NPS) : phénéthylamines (qui comprends notamment des amphétamines, cathinones, psychédéliques tels que 2C-x et DOx, empathogènes style 5-MAPB, etc.), dérivés de fentanyl et autres opioïdes, cannabinoïdes synthétiques, pyrovalérones, etc. c’est à la louche environ 200 molécules concernées.
Le jeu du chat et de la souris dure depuis des années entres chimistes et gouvernements, l’appât du gain étant sans fin, mais pour quels impacts sur les usagers ? Ceux qui vendent des NPS ne se soucient pas de la santé des personnes qui achètent leurs produits, alors un petit rappel s’impose !
Les RC (pour Research Chemicals) se sont imposés au fil des ans, alors même que l’on manque de recul sur leur dangerosité. Pourtant, au début de leur arrivée sur le marché grâce à internet, la façon dont ils étaient considérés par les expérimentateurs et les groupes RDR était bien loin de ce qu’on voit 20 ans plus tard.
Voici l’avertissement d’Erowid très clair à ce sujet :

Et dans le premier « guide des RC » sortit sur le web en 2006 (en anglais), publié par un collectif nommé « Fraters Illuminati Boy, et Al. » :

On peut y lire notamment en préambule :
« Les composés communément appelés «produits chimiques de recherche» sont simplement des produits chimiques qui n’ont pas fait l’objet de nombreuses recherches. Ils ont généralement un historique d’ingestion humaine limité (ou dans certains cas inexistants)…un produit chimique de recherche peut être un composé inerte, un stimulant, un dépresseur, un empathogène, une toxine, ou même un prototype d’agent pharmaceutique de pointe. Les composés appelés «produits chimiques de recherche» n’ont vraiment rien en commun entre eux au-delà de l’ignorance générale de l’humanité à leur égard, de leurs effets et de leur sécurité (à court et à long terme) ».
« Préparez-vous à faire au moins une lecture sur la chimie de base, la chimie organique, la pharmacie, la psychopharmacologie, les techniques de soins infirmiers et les équilibres scientifiques, en plus de s’éduquer sur tout ce qui est connu à propos d’un composé donné ».
(à propos des forums) « Certaines personnes peuvent poster des doses exagérées avec la pensée erronée que cela les rendra cool ou hardcore, quand cela ne sert qu’à transmettre leur ignorance et/ou leur stupidité, tout en mettant les crédules en danger. De même, même si la posologie affichée est exacte, il se peut que ce soit le cas parce qu’ils prennent actuellement d’autres médicaments, qu’ils aient accumulé une tolérance au composé en raison d’une utilisation fréquente, ou qu’ils aient eu de la chance après avoir pris une dose qui aurait pu les tuer. Là encore, les doses affichées sur les forums de la drogue devraient être soigneusement examinées et pas seulement prises mot pour mot. »
« Pour les composés sans historique d’utilisation humaine: si vous travaillez avec un composé de pointe vraiment EXTREME, la prudence est recommandée. En fonction de la quantité de données disponibles, il peut être conseillé de commencer à n’avoir qu’un minimum de 5 à 10 microgrammes ou moins et de travailler lentement à partir de là. Le composé avec lequel vous travaillez peut être relativement bénin ou il peut s’agir d’une neurotoxine puissante… qui sait. Avant de vous impliquer dans des expérimentations dans ce sens, vous voudrez peu de temps à lire toutes les œuvres du Dr. Shulgin comme il décrit quelques-unes des procédures qu’il a utilisées pour minimiser les risques tout en expérimentant des composés inconnus. Dans tous les cas, soyez attentifs aux signes d’engourdissement, de picotements ou de « picotements et aiguilles » dans les extrémités pouvant être indicatives d’une neuropathie. Les vomissements sévères, tremblements ou convulsions doivent être pris très au sérieux. »
« L’association de 2 composés relativement inconnus ne fait que multiplier le facteur d’incertitude. Il existe de nombreux exemples où le médicament A et le médicament B sont des médicaments assez sûrs et tolérables lorsqu’ils sont pris individuellement, mais pourraient entraîner de graves complications et/ou la mort s’ils sont combinés. »
C’est donc assez explicite qu’à la base, un avis beaucoup plus critique et méfiant était porté à l’égard de cette pratique ! Et ce qui était considéré comme dangereux et hasardeux, est devenu « tendance » au fil du temps. Un renversement s’est opéré : on est passé d’une époque qui rémunérait correctement des cobayes pour tester des nouvelles substances pharmaceutiques, à des gens qui payent (parfois cher) pour être les premiers à tester une obscure molécule, venue d’on ne sait où et commercialisée sur la toile ! (on pourrait faire une parenthèse pour remarquer qu’avec la période covid, c’est encore une nouvelle étape avec cette fois l’expérimentation de masse sur le grand public d’un produit en phase 3)
Par ailleurs, si on s’intéresse aux acteurs du marché européen des designers drugs, et en particulier à un des plus gros fournisseurs durant des années (le fameux « Lézard » ou LL), on peut se poser des questions. Il se cachait notamment sous différents holdings.
La vitrine (site) de vente aux particuliers était inscrite au registre des entreprises néerlandaises sous le nom Proton Trading B.V et générait 1,34 millions de dollars de chiffre d’affaire rien qu’en 2020. Cette société était elle même une filiale de Synex Holdings BV., localisé à la même adresse et qui possède elle même trois autres filiales!
A partir de là, il était possible de retrouver le nom d’au moins deux personnes (un chimiste et l’autre venant à fois de la chimie et du monde des affaires) liées à ces sociétés / holdings, mais dans quelle mesure ce sont des prête-noms et une couverture pour le crime organisé (qui rappelons le, investit massivement dans le trafic de médicaments, moins répréhensible que les drogues illicites) ?
Une chose est sûre, le chimiste en question n’a pas hésité à faire une interview sans se cacher pour Vice…
C’est assez facile de savoir qui se cache derrière les initiales (A.L.)…mais pour le moins surprenant que son nom (et sa société) soit cité dans plusieurs articles scientifiques sur ces nouveaux lysergamides et autres composés provenant de son labo high tech ! Qu’il fait d’ailleurs visiter au journaliste tout en plaisantant – à visage découvert – sans avoir l’air vraiment inquiété, alors qu’il inondait le monde de dérivés du LSD…(même lors d’une descente réalisée (en 11/2022) par plusieurs polices dans un cadre plus vaste, ou des concurrents ont été arrêtés mais LL reprit de plus belle, jusqu’à une « retraite » prise fin 2024)
Les publications qui expliquent qu’il s’agit de prodrogues du LSD et certaines de ces études sont pourtant menées avec divers partenaires institutionnels comme des universités, d’autres chercheurs travaillant sur les psychédéliques, diverses autorités (bureau d’enquête criminelle de pays européens) et même une société connue en Nouvelle-Zélande pour la commercialisation de legal highs.
On a donc une société enregistrée qui paie ses impôts aux Pays-Bas, dont le chimiste principal participe à des études qui évaluent les « nouveaux lysergamides vendus comme research chemicals », ces dernière devenant même des arguments de vente (car prodrogues de substances classées stup) !
Si quelqu’un avait voulu continuer le projet MK Ultra sous une autre forme, quoi de mieux que de rendre populaire et « fun » des nouvelles molécules qu’on peut recevoir en quelques clics dans sa boîte aux lettres ?
Et tous les fabricants de NPS sont bien loin d’utiliser un laboratoire aussi « propre » que celui du reportage…les chinois notamment travaillent parfois dans des conditions qui laissent à désirer. Il y’a des années, un article d’un tabloïd anglais avait montré quelques images qui parlent d’elles même :

Il faut dire qu’il y’a de plus en plus de soupçons que la Chine (gros exportateur de RC) prend sa revanche sur les guerres de l’opium imposées par l’Occident dans le passé :
Le directeur du FBI Kash Patel, accuse ouvertement le Parti communiste chinois (PCC) d’organiser une guerre chimique contre les USA, en fournissant les précurseurs pour la fabrication du fentanyl aux cartels mexicains. D’après le Central Washington Fentanyl Task Force Report, 97 % des précurseurs proviennent de Chine, souvent via des entreprises liées au pouvoir.
Derrière cette crise sanitaire dévastatrice se cacherait une stratégie délibérée pour saper la stabilité américaine :
« La Chine ne bombarde pas : elle intoxique », résume t’il.
Avec plus de 74 000 overdoses mortelles en 2023, le fentanyl décime une partie de la population. Pour Patel :
« Le PCC utilise cette substance pour éradiquer une génération entière, celle qui aurait pu devenir soldats, policiers ou enseignants.»
En tant qu’acteur de longue date sur les forums d’auto-support, c’est une évidence que les RC ont ouvert une « boîte de pandore » qui s’est révélée destructrice pour de nombreux usagers de drogue. Le côté compulsif étant facilité, car pas besoin de sortir de chez soi ni même d’interagir physiquement pour être livré. Et moins de risques judiciaires comme c’est une zone grise. Les promotions agressives et les relances par mail, les échantillons gratuits, participent au craving déjà fort avec certains produits tels qu’opioïdes, dissociatifs ou cathinones.
Un des premiers membres du collectif (RIP Dimitri, décédé à 24 ans), en a tragiquement fait les frais il y a des années, aux prises avec une addiction à la MDPV et dérivés.
Le côté « professionnel » des shops, donne parfois l’illusion à certains qu’ils ont à faire à un commerçant ayant pignon sur rue, sous entendu plus clean qu’un four de cité. L’explosion des cannabinoïdes semi-synthétiques vendus en CBD shops ces dernières années a confirmé cette tendance. Mais « légal » (ou pseudo légal) ne veut pas dire safe ! Loin de là…
Erreurs d’étiquetages (quelques exemples), scams, produits inventés de toute pièce à base de fond de tiroirs mélangés, et autres scandales de cette scène devraient alerter sur la réalité de ce marché.
Et à l’heure où tous ces stimulants – particulièrement utilisés pour le chemsex – ont été interdits, de nouveaux sont en préparation (bizness is bizness), mais toujours plus obscurs et douteux…embarquant la personne qui s’y engage dans une véritable roulette russe avec sa santé.
Stay safe !